Following the publication of the winning and runner up entries, we are excited to present the highly commended entries for the Year 7-9 category of this year’s French Flash Fiction competition!
A huge well done to all of our highly commended entrants!
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Le Musée des vies non vécues
Au centre de la ville, il y avait un musée sans portes.
On entrait quand on se posait des questions.
À l’intérieur, il y avait des vitrines, chacune avec une vie que vous aviez presque choisie.
Le violoniste que vous auriez pu devenir.
L’excuse que vous n’avez jamais faite.
Le train que vous avez presque pris.
Les visiteurs marchaient en silence et s’observaient comme des étrangers.
À la fin, il y avait un miroir.
Sur la plaque : Exposition toujours en cours.
La plupart partaient vite. Quelques-uns restaient.
Ils savaient que le verre était fin.
– Nandana Dhanabal, Year 11
La Poupée
Il a sculpté la poupée, chaque coupe avec une lame d’acier. Il a peint la poupée, chaque coup une étincelle de vie. Il a adoré la poupée, chaque contact s’épanouissant avec soin. Il a terminé la poupée, chaque partie est un chef-d’œuvre.
Il a chéri la poupée, chaque moment précieux ensemble. la poupée lui a manqué, chaque jour qu’elle est sans lui. Et maintenant, il n’est plus.
La poupée se souvient de lui, chaque jour qui passe, chaque seconde ça fait encore mal.
– Henry Bodal Hansen, Year 10
Allée des Cerisiers
Sept jours par an, comme un petit porte-bonheur. Mars. Je flâne dans cette rue bordée de deux rangées de cerisiers. Ils se dressent, fiers et élégants tels des ballerines, leurs délicats pétales roses scintillant au soleil. Le vent siffle doucement, faisant danser les arbres. Avril. Je flâne dans cette rue ; cette fois, un océan de pétales s’étend sous mes pieds, et à chaque rafale, un nouveau pétale rejoint les marins immergés. Mai. Je flâne dans cette rue ; les pétales ont formé une couverture collante sur le trottoir, et les branches, dépouillées de leurs ornements, semblent nues et solitaires.
– Myrtle Mitchell, Year 11
Sans mots, sans monde
Un adolescent se réveille face à un phénomène étrange : certains mots ont disparu pendant la nuit. D’abord « amour » s’efface, laissant les étreintes vides et les chansons incomplètes. Puis « famille » disparaît, et les maisons deviennent des lieux remplis d’inconnus. Bientôt même « je » s’effondre, et les miroirs reflètent des visages sans nom. Les conversations se brisent, les disputes cessent, les promesses n’existent plus. La société se désagrège lentement. Pourtant, un adolescent se souvient de tous les mots perdus. Les prononcer fait surgir des souvenirs douloureux. Il doit choisir entre parler ou se taire pour toujours.
– Yakshita Ramdhony, Year 11
Le Pupitre Oublié
Je porte les cicatrices de dix générations. Sous mon vernis écaillé, on peut lire des noms gravés à la hâte: des amours de récréation et des dates de batailles oubliées. Je ne suis qu’un témoin de bois dans le brouhaha de la classe. Les élèves partent, grandissent, et deviennent des ombres, mais moi, je reste sans mouvement. Le temps n’est pas un ennemi; c’est juste le bruit des crayons qui s’usent. J’écoute le tic-tac de l’horloge et j’attends. Demain, un autre enfant s’assiéra ici, et mon histoire recommencera, un gribouillage à la fois.
– Victoria Wang, Year 10
Le Tailleur de Silences
Dans l’atelier caché derrière la gare, un vieil homme coud des silences comme d’autres cousent des boutons.
Il m’a expliqué qu’autrefois, les gens savaient écouter, mais que le monde s’est rempli de bruit.
Il choisit un fil d’ombre, plus vif que les autres, un souffle de nuit, et les tisse avec une précision étrange.
Puis il me tend un silence minuscule, taillé pour moi.
Quand je le pose sur ma langue, tout s’arrête : le vent, les voix, même mes pensées.
Le vieil homme sourit.
Au loin, j’aperçois un train qui glisse sans bruit, comme s’il respectait le silence.
– Chloe Shin, Year 10
« Le Corbeau de Verdun »
Lent et lourd, il glisse au-dessus de la terre morte — un juge scrutant une
salle d’audience.
En dessous, la boue a englouti les silhouettes, les arbres, les noms.
Il descend. Se pose près d’une botte — avec, à l’intérieur, quelque chose
qu’on ne nomme pas.
Le silence pèse. Suffocant. Si lourd qu’on pourrait le trancher au couteau.
Il ouvre le bec. Il croasse — comme pour dire : « On peut faire la guerre
pour la paix. »
Peut-être moqueur. Peut-être pas.
Le vide ne répond point.
– Djihane Ounissi, Year 10
Le vétéran et son monstre
Après la guerre, un vétéran a perdu sa femme. Il murmurait que ce n’était pas de sa faute. Néanmoins, elle est partie, dégoûtée.
Il était seul, mais parlait d’un homme en noir, sans visage, qui le suivait. Un monstre.
Le monstre frappa à la porte. Puis il est apparu dans le miroir, immobile, les mains rouges. Chaque jour, il était partout, dans ses murs, dans ses livres, dans sa tête.
Mais un jour, le monstre avait enfin un visage.
C’était le sien.
Le vétéran disparut cette nuit. Seul son monstre est resté.
– Aarush Lala, Year 10
Un vieux chêne
On l’appelait le vieux chêne: huit cents ans, un îlot de fraîcheur entre béton et bitume. Depuis des semaines, la canicule épaississait la couche d’ozone; les bouches de métro soufflaient un air chaud.
Hier, la mairie a voté « abattre ». Ce matin, Sylvie, huit ans, s’est enchaînée au tronc pour ne faire qu’un.
Les tronçonneuses toussèrent. Puis un souffle parcourut l’avenue. Les jeunes feuilles tremblaient, redoutant leurs derniers instants. Une personne posa sa main sur la chaîne. Puis une autre. Le moteur vrombissait. Pourtant, pour la première fois, toute l’avenue retenait son souffle.
Et ce souffle s’essouffle aujourd’hui.
– Aadi Jhawar, Year 10
Une danse macabre
Une église se baigne dans un halo de lumière sous un lampadaire bossu. Elle me demande à quoi je pense. La nuit retient son souffle pour entendre ma réponse, mais mes mots sont captifs de la peur. La glace se propage comme un parasite sur le sol d’obsidienne. Les fantômes du passé bruissent dans la cime des arbres. Son rire interrompt la parade des corbeaux : un exode des arbres dénudés ! Au clair de lune ils fondent et planent dans un ciel lourd. Elle admire la danse ; une main est tournée vers le ciel, l’autre actionne la gâchette.
– Jack Bolton, Year 11