FRENCH FLASH FICTION 2026: THE HIGHLY COMMENDED ENTRIES (Y12-13)

Following the publication of the winning and runner up entries, we are excited to present the highly commended entries for the Year 12-13 category of this year’s French Flash Fiction competition!

A huge well done to all of our highly commended entrants!

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Quand j’étais petite, ma mère me sauvait des monstres sous mon lit.

Aujourd’hui, elle me sauve de ceux qui vivent dans ma tête.

Ceux qui griffent mon cerveau et envoient un tourbillon brûlant au fond de ma gorge.

Ceux qui laissent des traces d’épines en traversant ma poitrine et un mal de mer permanent dans mon ventre.

Elle me sauve simplement en étant là.

Elle n’a aucune idée des démons contre lesquels elle m’aide à lutter, en silence.

Et c’est grâce à elle que ces monstres ne deviennent jamais une réalité.

– Isla Thurlow, Year 12

Monsieur Deplechin nous a demandé de lire des romans….. Je suis sûre que ce n’est pas une coïncidence, parce que, juste après avoir fini de lire ces nouvelles, elles sont devenues réalité.  Vous souvenez-vous de “La Peste” qui raconte l’histoire d’une épidémie de peste? Devinez ce qui s’est passé après?  Mais bien sûr….le Covid!!  Après de lire “Voyage au bout de la nuit”  évidemment la guerre en Ukraine a débuté!! L’année dernière nous avons lu “Germinal” et pouf… ça a déclenché une série interminable de grèves ferroviaires!! Alors, aujourd’hui il nous a assigné la lecture de “Les Misérables”! 

– Jude Shalaby, Year 12

RETROUVAILLES

Songeant à le revoir après tant d’années, je demeurais figé. Que dirait-il, mon fils, face à moi, son père qui l’avait déçu?

La sonnerie retentit. Mon estomac se noua. Tremblant, je m’agrippai au seuil.

Mon Dieu… qu’il avait grandi! Ses yeux azures, autrefois innocents, semblaient ternes. Cela me pinça le coeur.

Je balbutiai et l’invitai à souper. Il me complimenta, discuta de banalités. Bien que tout se déroulasse comme prévu, une faille béante s’élargissait.

Entre chaque échange, tombait un silence implacable: face à un étranger, je rêvais d’un « tu m’as manqué », un regard complice.

L’avais-je perdu à jamais?

– Ines Amraoui, Year 12

Le Trou Noir

Le trou noir m’engloutit.

Il me méprise, mon corps est insignifiant, c’est seulement quelque chose à consommer pour lui.

Ma voix refuse de s’évader, piégée dans ma gorge.

La gravité m’attire et je tombe dans le vide.

Aveuglée, consumée par l’obscurité, mes membres deviennent légers et libres.

Quand je réalise mon erreur, la peur m’envahit, mon cœur commence à battre la chamade.

Ma mère entrera dans ma chambre, souriante, sans soupçonner la puissance de l’objet sur mon lit.

Le trou noir s’assied innocemment, caché dans son boîtier. Elle ne découvrira jamais que je suis désormais l’otage de cet écran.

– Isabelle Lake, Year 12

Le même souffle

La carte postale est restée dans mon sac. Je l’avais écrite en français, assise sur un banc, baignée dans la lumière de l’après-midi. Chaque mot semblait à sa place, mesuré, presque discret. Comme un murmure secret. En anglais, je l’aurais expliqué, en français je l’avais saisi.

Je ne l’ai jamais envoyée.

Pas par peur, ni par oubli, mais parce que, lue ailleurs, traduite dans une autre langue, elle ne porterait plus le même souffle.

Parfois, certaines phrases doivent rester secrètes, pour qu’elles demeurent vivantes.

– Erin Grimsey, Year 12

Elle est danseuse

« Elle est trop mignonne, hein »

Sa jeune imperfection, alors qu’elle tourbillonne tombe règne bondit se blesse aime. Mignonne hein.

Des nuages moussent et meurent comme des sculptures éphémères de la glace. Elle est diable, démon, kiffeuse. Mignonne, hein.

Elle était la plus merveilleuse danseuse (danseuse, chanteuse, mère-euse, femme-euse, euse, euse, euse !.) qu’on pût voir.

Elle arriverait sur la scène et tendrait ses bras comme si elle était chef(-euse) d’orchestre, comme si sa danse était le début d’une symphonie. Peut-être, elle l’était. Mignonne, hein.

Elle est reine. Elle est dame
Mère, sœur, tante, femme –
Mignonne, hein ?

– Alexander Andrews, Year 12

Le Fantôme de Lyon


« Monsieur, c’est avec une profonde tristesse que je vous annonce le décès de Claudine », a dit l’infirmière à son mari.

Finalement, Claudine était morte. Finalement, je pouvais la rencontrer.

Pendant quatre-vingt-dix ans, j’avais flotté au-dessus des rues de Lyon, invisible, attendant. Elle ne pouvait pas me voir, mais je suis sûr qu’elle sentait ma présence, comme une ombre familière.

Claudine me ressemblait. Cruelle et douce, belle et laide. En la regardant vivre, je me retrouvais.

Maintenant, elle venait vers moi. Après quatre-vingt-dix ans, je n’étais plus seule.

– Caterina Ciniselli, Year 12

Dernier Café à Montmartre

Elle regardait la pluie tambouriner contre les vitres du café. Les Deux Magots étaient presque vides, confirmant que Jules ne viendrait pas. Il avait un jour affirmé que le bonheur était sans rides, pourtant leur histoire était marquée par la douleur. La lettre dans sa poche lui pesait, un dernier adieu où elle annonçait son départ pour Lyon et son désir de rester perdue. Prenant une dernière gorgée d’espresso amer, elle laissa un pourboire et sortit. Son parapluie rouge se détachait sur le ciel gris de la rue Saint-Benoît.La lettre dans sa poche ne lui pesait plus, c’était un billet pour la liberté.

– Sherisa Johnson Rock, Year 12

Les Conséquences de Fausse Publicité

Ils avaient dit que le soleil serait comme une baignoire, et on nagerait dans les piscines de lumière toute la journée, tous les jours. Ils avaient dit que la nourriture serait dodue, somptueuse, dé-lec-table. Je ne suis pas quelqu’un qui tombe à risque d’une arnaque, mais on y est.

Rien sur les attaques, les assassinats, au milieu de la nuit. Pas de clause de non-responsabilité sur les vapeurs mortelles d’agrumes, comme une cercle sorcière de sel autour mon déjeuner. Tout le sang que je rate ne peut pas être bon pour mon taux de fer. Nous tombons comme des mouches!

– Henrietta Coningsby, Year 12

Déjeuner!

Bleuet– Où est-tu?
Grenouille– Il est treize heures, que veux-tu dire ?
Bleuet– Tu m’as dit de te rencontrer pour le dîner.
Grenouille– Ouais… pour le dîner.
Bleuet– Eh pourquoi n’es-tu pas là ? Tu viens-tu ?
Grenouille– Le dîner est à 20h! C’est la France, pas le Québec. On dit déjeuner’.
Bleuet– Mais je vois ton char! Y conduit.
Grenouille– Mon chat ? Que fait mon chat là-bas ? Mon chat ne sait pas conduire!
Bleuet– Non, char! Tu sais, vroom vroom ?
Grenouille– Tu veux dire voiture ?
Bleuet– Ah. Ce n’est pas toi.
Grenouille– Les québécois…

– Sophie Agmen-Smith, Year 12

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